South Africa - "the Rainbow Nation"
* Historique *
Histoire de l'Afrique du sud en bref :

Les Bushmen sont les premiers habitants de la région : leur présence remonte à plus de 40 000 ans ! Plus tard sont arrivés les Bantous. En 1487, Bartolomeu Dias double le cap de Bonne-Espérance. En 1652 la première colonie européenne en Afrique du Sud est fondée par les Hollandais. Implantés dans la région du Cap, ils travaillent pour la compagnie des Indes et «importent» de nombreux esclaves du Mozambique, d’Indonésie et de Madagascar. Fuyant la révocation de l’Edit de Nantes (1685), des Huguenots trouvent également refuge dans les environs du Cap. En 1779, pour la première fois, les colons hollandais (boers) battent les Bantous qu’ils repoussent au-delà de leurs frontières historiques.

Ce n’est qu’au XIXe siècle que les Anglais entreprennent la conquête de la région du Cap et que la colonie passe officiellement sous tutelle britannique. Après bon nombre d’affrontements avec les Britanniques, les Boers se trouvent contraints à l’exode vers le nord (Exode appelé Le Grand Trek). Alors établis plus au nord-est, ils sont fortement attirés par la richesse minière de Johannesbourg. Malheureusement pour eux, les Britanniques ont le même désir et entrent alors en conflit contre les Boers qui perdent leur indépendance (guerre des Boers 1899>1902). En 1910 est créée l’Union Sud Africaine. Sous tutelle britannique, elle entre dans le cadre du Commonwealth. En 1912, est créé l’African National Congress : l’ANC que Nelson Mandela dirigera par la suite. A la même époque naît le National Party qui prône l’apartheid.Si Anglais et Afrikaaners s’affrontent sur bien des points, ils s’accordent néanmoins sur le principe de la prédomination de la race blanche. En 1948 est institutionnalisé l’apartheid : une série de lois fait du peuple noir un peuple soumis. On le dépossède de ses terres et de l’ensemble de ses biens, on le sépare totalement de la population blanche. Considéré comme simple pourvoyeur de main d’œuvre, le peuple noir est parqué dans des réserves appelée homeland ou en francais bantoutan. En 1961, l’Afrique du Sud proclame son indépendance et les manifestations d’étudiants noirs à l’encontre des blancs se font de plus en plus nombreuses (Soweto, Sharpeville...). Les grèves et boycotts se succèdent et conduisent à de nombreuses arrestations, tortures, voire disparitions.

En 1989, le pays subissant de plus en plus de sanctions économiques de la part de la communauté internationale, le chef de l’Etat ouvre la voie vers la fin de l’apartheid et abolit toutes les lois discriminatoires. En 1990, après 28 ans d’emprisonnement, Nelson Mandela est libéré. Il est élu président aux premières élections libres et multiraciales de 1994.

Photos
Photos des émeutes de soweto
Chronologie :
1488

Le portugais Bartolomeu Dias double le cap de Bonne-Espérance

1498
Vasco de Gama rejoint les Indes en doublant le cap de Bonne-Espérance
Années 1600
1602
Installation de la Compagnie hollandaise des Indes Orientales sur la côte sud. Auparavant le pays n'était peuplé que de Bantous et autres populations autochtones.
1652
Fondation du Cap par les Hollandais et Jan Van Riebeeck. Le 6 avril 1652 , Jan Van Riebeeck arrive avec quatre-vingts hommes à bord du Drommedaris pour créer une « station de rafraîchissement » destinée à fournir de l'eau, de la viande, des légumes et des fruits frais aux équipages diminués par le scorbut après quatre mois de mer.

1685

à 1688

Afflux de deux cents huguenots français en 1688, chassés par la révocation de l' édit de Nantes en 1685. Ils s'installent dans la vallée de la rivière Berg, protégée des vents du large par un grand cirque rocheux où ils créèrent les neuf fermes historiques avec des vignes qui existent encore : La Bourgogne , La Dauphine, La Brie, Champagne , Cabrière, La Terra de Luc, La Cotte, La Provence et La Motte.
Années 1700
1713
La variole décime les Khoisans ainsi que de nombreux colons blancs
1750
Déclin de l'influence hollandaise
1778
La Fish River, frontière de la colonie du Cap
1779
Première des 9 guerres de frontière, sur la Fish River, entre colons et Xhosas
1793
La Lombard Bank, première banque du pays ouvre à Cape Town
1795
Bataille de Muizenberg et première occupation britannique
Années 1800
1806
Bataille du Blaauwberg, 2ème occupation britannique
1814
Le Congrès de Vienne ratifie l'occupation britannique au grand mécontentement des colons déjà installés (les Boers)
1815
Révolte de Slagter's Nek, contre les britanniques, s'achève par des exécutions judiciaires
1818
Début des conquètes de Shaka au Zululand
1820
Arrivée de 4000 colons britanniques à Grahamstown. Plusieurs centaines de colons anglais débarquent au sud-est du Cap et fondent la ville de Port Elizabeth à la frontière des territoires Xhosas.
1828
Assassinat de Shaka par son demi-frère Dingane
1829
Les Khoisans n'ont plus besoin d'un permis de circulation. Fondation du l'Université de Cape Town
1834
Le 1er décembre: Abolition de l'esclavage privant les boers de leur main d'oeuvre. Les exclaves libérés doivent encore travailler 4 ans gratuitement.
1836
L'abolition de l'esclavage, les compensations insuffisantes des colons Afrikaners et l'arrogance des autorités britanniques conduisent des milliers de boers à choisir l'émancipation du pouvoir colonial. Optant pour un nouveau départ vers l'intérieur des terres, des milliers de boers embarquent pour l'inconnu à bord de leurs chars à bœufs, avec femmes, enfants et serviteurs. Début du Grand Trek, migration des Boers vers le nord, qui créent plusieurs états (Orange, Transvaal, Natal). Cette période a façonné la mythologie des Afrikaners, le peuple élu, la tribu blanche, à la recherche de sa terre promise. Digne du Far West américain, cette aventure constitue la genèse du « volk » afrikaner. La création dans le sang de leur république de Natalia contre les Zoulous sera lourdement chargé de symboles à ce titre.
1838

La trahison dont ont été victimes les chefs boers Gert Mariz et Piet Retief symbolisera et justifiera la méfiance des Afrikaners envers les noirs d'Afrique du Sud. En effet, alors que Retief venait de négocier un accord de co-existence et d'entre aides avec le Roi des zoulous, qu'il avait accepté l'invitation pour un banquet en cet honneur et à cette fin d'être désarmé, il fut massacré avec 60 de ses hommes. Le Roi ordonna alors de trouver les campements boers et de massacrer tous ceux qui s'y trouver. Alertés par des survivants qui échappèrent à ces massacres, les familles boers se rassemblèrent autour de leurs chefs Andries Pretorius et Sarel Cilliers.

Le 16 décembre 1838 , à l'aube de la confrontation finale, ils jurèrent que si Dieu leur accordait la victoire, ils construiraient une église pour rendre grâce au seigneur afin de l'honorer et se promirent de lier leur destin au seul Volk et à Dieu. La confrontation lors de la bataille de Blood River entre les 500 boers repliés derrière leurs chariots rangés en cercle et les 10 mille zoulous se termina par une véritable hécatombe zoulou, colorant de leur sang la rivière qui fut dorénavant connu sous le nom de Blood River. Les boers n'avaient que quelques blessés. Cette victoire consacra la foi des Boers en leur destin biblique.

1839
Proclamation de la République boer de Natalia
1840
Prise du Natal par les anglais au début des années 1840
1846
7ème guerre de frontière
1850
8ème guerre de frontière. Les Khoisans de la Kat River s'allient aux Xhosas
1852
La Grande Bretagne accorde un gouvernement représentatif au Cap. Création par les boers et indépendance de la Zuid-Afrikaansche Republiek (Transvaal).

Ces républiques économiquement arriérées, faiblement peuplées, où seuls les boers sont citoyens, furent souvent en conflit avec les tribus africaines voisines. Si l'État libre d'Orange réussissait rapidement à parvenir à une stabilité politique, le Transvaal devait aussi assimiler plusieurs micro-républiques boers réfractaires.

1853
Premiers timbres disponibles au Cap
1854
Création par les boers et indépendance de l'Oranje Frystaat (Etat Libre d'Orange)
1856
Implantation de colons britanniques et allemands à la frontière du Cap-Est. La colonie du Natal se voit accordé un gouvernement représentatif
1857
Des milliers de Xhosas meurent à cause d'une prophétie qui prédisait que le peuple retrouverait tout son pouvoir si il détruisait toutes ses récoltes et son bétail
1860
Le Transvaal se révéle immensément riches d'or et de diamants et leurs découvertes à partir des années 1860 furent perçues par les Boers, fermiers avant tout, comme une véritable catastrophe. Des milliers d'aventuriers affluèrent vers le Transvaal apportant avec eux un mode de vie à l'opposé de l'austérité et du puritanisme boer.
1877
La Grande Bretagne annexe la république d'Afrique du sud
1879
La GB envahit le royaume zoulou de Cetshwayo, contigu à sa colonie du Natal. En janvier 1879 , l'armée britannique subie une défaite mémorable à Isandlwana. Et c'est lors d'une escarmouche avec les Zoulous que le jeune Prince Impérial , fils de Napoléon III et de l'Impératrice Eugénie, trouvera la mort le 1er juin 1879. Une fois la résitance zoulou anéantie, le gouvernement colonial britannique put reporter son attention sur les républiques boers, véritables épines dorées au milieu de leur Empire. Les Britanniques ne pouvaient laisser échapper à leur contrôle autant de richesses. Ils s'employèrent, au travers du 1er ministre du Cap et homme d'affaires Cecil Rhodes , à saper la stabilité de ces républiques.
1881
Les Boers résistèrent dans une première guerre en 1880-81 aux britanniques, ils battent l'armée anglaise à Majuba. Les Boers portaient des habits khaki de la même teinte que la terre tandis que les soldats britanniques portaient un uniforme rouge vif ce qui les rendait une cible bien visible pour les franc-tireurs.
1884
Le Lesotho devient protectorat britannique.
1886
Emergence en 1886 à une cinquantaine de kilomètres de leur capitale, Pretoria , d'une ville nouvelle, née de la ruée vers l'or, arrogante et peuplée d'étrangers (anglais) réclamant le droit de vote: Johannesburg . Découverte du Main Reef du Witwatersrand (Gauteng). Les intérêts anglais et Boers divergent de plus en plus.
1893
Gandhi arrive à Durban
1894
La royaume du Swaziland devient protectorat britannique
1895
Winston Churchill correspondant de guerre en Afrique du sud
Années 1900

1899

à 1902

1899: Création de la Sabie Game Reserve qui deviendra le Kruger National Park

Les Britanniques revinrent en force, avec un uniforme plus discret et une tactique adaptée au pays dans la seconde guerre boer en 1899-1902 ( guerre des Boers ). Ils placèrent les boers dans des camps de concentration et leurs serviteurs noirs dans d'autres où la malnutrition et les maladies étaient fréquentes. Ils brûlèrent les fermes et les récoltes pour retirer le support ce qui força les Boers à attaquer les villes et donc à irriter les citadins. Finalement ils furent obligés de capituler à Prétoria le 31 mai 1902 (traité de Vereeniging).

1904
Mort du président Paul Kruger
1910

A l'instar de l' Australie et du Canada , les Britanniques décidèrent de créer un dominion unissant les colonies du sud de l'Afrique en l'occurrence les colonies anglaises du Cap et du Natal avec les anciennes républiques Boers devenus les colonies du Transvaal et de l'Orange. Cela permettait également aux Afrikaners (Boers) de se réinsérer dans la vie politique et économique des territoires d'Afrique du Sud au sein d'une union créée et contrôlée par la Grande Bretagne.

La constitution de l' Union de l'Afrique du Sud du 31 mai 1910 allait permettre aux afrikaners de reprendre en main la réalité du pouvoir politique à l'échelle d'un grand pays composé de 4 provinces distinctes. Sur à peu près 3 millions et demi d'habitants, un million est d'origine européenne dont plus de 2/3 afrikaners.

Le 1er premier ministre élu en 1910 est le général afrikaner Louis Botha , leader du parti afrikaner « Het Volk » et héros de la guerre des Boers. Il symbolise alors le retour des Afrikaners au pouvoir. Ce premier gouvernement comme ceux qui suivirent, constitué par une alliance des anglophones et d'afrikaners modérés comme le général Jan Smuts , un de ses camarades de combat. Il dut néanmoins affronter une opinion boer hostile à la Grande-Bretagne et l'opposition de «petits Blancs» racistes.

Pour satisfaire leurs aspirations, Louis Botha et son gouvernement allaient s'attacher à promouvoir socialement la communauté afrikaner avec, notamment, le recrutement privilégié dans la fonction publique des membres du « Volk », divers soutiens financiers pour l'achat de terres et de fermes (création de la banque afrikaner volkbank ) et des mesures sociales d'avant garde pour les mineurs.

1912
Fondation du South African Native National Congress (futur ANC)
1913
Louis Botha renforce la prépondérance spatiale des Blancs sur le pays. Le Land Act de 1913 limite à 13 % du territoire les régions où les Noirs pouvaient acquérir des terres. Il favorise l'éclosion d'association et de ligues pour promouvoir l'identité afrikaner qu'elle soit politique, économique, sociale ou culturelle. La plus puissante sera la ligue des frères ( Broederbond ) qui en relation avec l' Eglise réformée Hollandaise (autre composante de l'identité) se chargera de la promotion des individus notamment au niveau politique et établira un corps de doctrine appliqué à l'Afrique du Sud. Cette franc-maçonnerie afrikaner impulsera la politique du pouvoir blanc et tous les dirigeants politiques de 1er plan entre 1948 et 1994 en seront membres.
1914
L'AFS déclare la guerre à l'Allemagne. Répression d'une révolte boer.

Suite à l'engagement de l'Union dans la 1ère guerre mondiale au côté de la Grande Bretagne, un ancien de la guerre des boers, le général James B. Hertzog , faisait dissidence en optant pour le combat nationaliste afrikaner et créait en 1914 à Bloemfontein le premier National Party

1915

La première guerre mondiale permit au dominion britannique de conquérir de nouveaux territoires comme la colonie du Sud-Ouest Africain allemand en 1915 . Mais cet engagement au côté des anglais fut dénoncé par les Afrikaners intransigeants, partisans des allemands du Sud-Ouest Africain.

1919
A la mort de Louis Botha en 1919 , son successeur, Jan Smuts , entreprit une politique économique très libérale vis à vis des conglomérats miniers. Ces derniers souhaitaient avoir des coûts de production les plus bas possibles et donc une main d'œuvre à bon marché.
1922
Révolte dans les mines de charbon de Witbank.

En 1922 , une grève générale à l'instigation des mineurs afrikaners et du parti communiste est déclenchée dans tout le pays exigeant des revendications salariales, le slogan étant « Travailleurs de tout pays, unissez-vous pour une Afrique du Sud blanche ». Aux revendications sociales s'ajoutèrent des revendications nationalistes et anticapitalistes initiées par les communistes blancs. Des émeutes éclatèrent contre la police venue évacuer les mines occupées par les mineurs; une répression sanglante sur l'initiative de Smuts mit fin en une semaine à leur rébellion. La répression fut particulièrement sévère contre les communistes dont la hiérarchie blanche fut décapitée.

La victoire policière de Smuts se transforma rapidement en une défaite morale; il se coupa ainsi de l'appui des Afrikaners modérés

1923
Instauration du "pass", passeport intérieur imposé aux Noirs dès 1923 permettant le contrôle des migrations. Sur ce pass était inscrit la situation familiale, professionnelle et personnelle des travailleurs noirs. Toute irrégularité du pass conduisait à la prison.
1924

La déroute électorale de Smuts s'ensuit rapidement dès les élections générales de 1924 . Le parti communiste ayant été écrasé par la répression policière, ses sympathisants se sont facilement retrouvés dans les thèmes nationalistes et anticapitalistes du Parti National d'Hertzog. Sa victoire sans équivoque le propulsa aux Unions Buildings de Pretoria, siège du gouvernement élargissant son assise électoral jusqu'aux électeurs métis du Cap.

Une de ses 1ères mesures symboliques fut de remplacer le néerlandais par l' afrikaans comme langue officielle au coté de l'anglais.

1927
Ségrégation raciale imposée dans de nombreuse zones urbaines.
1928

Fondation des Kirstenbosch Botanical Gardens et de l'University of South Africa.

Hertzog mit également en route une consultation populaire devant aboutir à la création d'un hymne officiel sud africain et d'un drapeau national en remplacement du drapeau colonial aux couleurs britanniques. Cet hymne intitulé «  Die Stem van Suid Afrika  » fut approuvé par le parlement et joué pour la 1ère fois en 1928. Le nouveau drapeau national hissé cette même année est dominé par 3 couleurs horizontales, orange, blanc et bleu (en souvenir du Princevlag hollandais du XVIIème siècle hissé au Cap en 1652) sur lequel est reproduit au centre les drapeaux des républiques Boers et l'Union Jack symbolisant l'union entre les 4 provinces.

1930

La politique économique d'Hertzog ne fut pas très différente de celle de Smuts et fut marquée par une protection accrue des Afrikaners avec la poursuite et l'extension d'une politique ségrégationniste initiée sous Botha. Ce sont des années de prospérité pour les afrikaners dont le niveau de vie augmente considérablement jusqu'à la crise économique qui frappe le pays dans les années 30.

1933

En 1933 , devant affronter la progression du chômage et les problèmes économiques, les nationalistes d'Hertzog et l'opposition s'accordèrent sur la constitution d'un gouvernement d'union nationale. Le Parti National fusionna alors avec le parti de Smuts pour créer un nouveau parti, le Parti Uni, et permettre la mise en place de ce gouvernement d'union nationale dirigé par Hertzog.

1934

à 1939

Mais ce ralliement à Smuts provoqua un nouveau schisme chez les nationalistes. L'aile droite du parti sur l'initiative du pasteur Daniel Malan refusa l'union et créa le parti national purifié en 1934 . Les dirigeants du parti national purifié renchérirent dans les revendications nationalistes : rupture avec la Grande Bretagne, instauration de la république, ségrégation poussée à l'extrême (on ne parle pas encore d'apartheid), promotion de l'histoire et de tous les symboles afrikaners, promotion du social-christianisme afin de permettre et maintenir la domination politique des Afrikaners sur toute l'Afrique du Sud. Les théoriciens complétèrent leur idéologie par des références au nazisme triomphant de l' Allemagne d' Adolph Hitler .

Le gouvernement d'union nationale d'Hertzog et de Smuts dirigea le pays jusqu'en 1939 . Durant ces années de cohabitation, l'économie se redressa au dépend de la situation sociale des plus démunis qu'ils soient noirs ou blancs, ces derniers étant de plus en plus attirés vers les thèses nationalistes de Malan.

1939
L'AFS déclare la guerre à l'Allemagne.

En 1939, au moment de faire accepter par le parlement l'entrée en guerre au côté de la Grande Bretagne, la coalition gouvernementale volait en éclat. Alors qu'Hertzog défendait le principe de neutralité de l'Afrique du Sud, Smuts soutenait celle de l'engagement au côté des anglais. Malgré l'appui des voix nationalistes de Malan à Hertzog, l'entrée en guerre est votée à une courte majorité. Hertzog démissionne et Smuts se retrouve seul au pouvoir.

1939

à 1945

Durant les années 1939-1945, des groupuscules armées afrikaners et pro- nazis se multiplièrent et menèrent des actions de sabotages. La répression du gouvernement fut impitoyable; ces groupements furent vite dissous et leurs leaders arrêtés et emprisonnés. Parmi les militants et sympathisants de ces organisations figuraient 2 futurs premiers ministres : Hendrik Verwoerd et Balthazar John Vorster .

Malan et les nationalistes auxquels s'était joint Hertzog et ses alliés s'unissent dans un Parti National réunifié, mais très vite en désaccord avec les ultras proches de Malan, Hertzog quittait le parti et fondait le Parti Afrikaner qui périclita après sa mort en 1943 .

Malan et les « nats » évitèrent dans ces années de guerre d'être impliqués dans des actions de sabotage mais soutinrent moralement les buts de ces groupuscules.

1948

Il fallu attendre la fin de la guerre pour que les nats reprennent leurs thèses anti- britanniques. Les prisonniers « politiques » libérés, ceux ci rejoignirent les nationalistes et préparèrent activement la campagne électorale de 1948 sur la base d'un programme concocté par Hendrik Verwoerd.

Auréolé de la victoire des alliés à laquelle s'est joint l'Afrique du Sud et de la participation du pays à la création des Nations unies , Smuts semblait assuré d'une réélection confortable, alors que les nationalistes proposaient aux sud-africains afrikaners mais aussi de langue anglophone un nouveau projet de société: l' apartheid .

Contre toute attente, le parti national (National Party - NP) de Daniel Malan remporta la majorité des sièges aux élections de 1948 bien qu'ayant un peu moins de voix que ses adversaires du Parti Uni.

Le nouveau 1er ministre, Daniel François Malan, composa un gouvernement exclusivement afrikaner. Il confia au théoricien du parti et inventeur de la doctrine de l' apartheid , Hendrik Verwoerd, le ministère des affaires indigènes par lequel il allait commencer à appliquer la doctrine de développement séparé des races. La suppression (avec difficulté) du droit de vote des malais du Cap et la création de bantoustans et autres zones d'habitations réservés aux non-blancs furent les premières mesures prises. Asiatiques et Métis perdirent ainsi l'essentiel de leurs minces avantages.

1949
Le parlement vote l'interdiction des mariages mixtes, premières des nombreuse loies ségrégationnistes
1950
Interdiction du communisme

1950

à 1953

Plusieurs lois restreignant considérablement les droits des noirs sont mises en vigueur (Native land act, immorality act, population, registration act ...).
  • Le Population Registration Act classait dorénavant la population en quatre groupes : Blancs, Noirs, Indiens, Métis. De l'appartenance à tel ou tel groupe dépendaient pour un individu tous les registres de sa vie : résidence, études, transports, relations sociales, sexuelles ou amicales.
  • Le lieu de résidence était déterminé par le Group Areas Act, qui durcissait les réglementations déjà existantes et permettait l'élimination des «taches noires» résultant d'achats opérés par les Noirs avant 1913. On entreprit ainsi d'expulser des «terres blanches» les «excédents» de population noire. Ainsi en 25 ans, environ 2 600 000 Noirs furent chassés des zones rurales «blanches» et renvoyés dans les réserves où le Bantu Self-Government Act de 1959 préparait l'institution des bantoustans.
  • L'Immorality Act ajoutait à l'interdiction des mariages interraciaux celle de toute relation sexuelle.
  • Le "Suppression of Communism Act" réprimait lourdement toute forme de propagande ou d'action anticapitaliste mais assimilait aussi les luttes contre l'apartheid à des combats capables de subvertir l'ensemble de l'organisation économique et sociale du pays. Cette dernière loi sera le principal instrument répressif contre les combattants des droits de l'homme et permettra la condamnation à perpétuité de Nelson Mandela dans les années 60.

Étrangers dans leur propre pays, les Noirs pouvaient de plus en plus difficilement aller résider dans les villes, où l'on cherchait à réduire au maximum leur nombre: seuls pouvaient y venir ceux qui justifiaient d'un contrat de travail: le "pass", passeport intérieur imposé aux Noirs dès 1923 permettant le contrôle des migrations. La ségrégation raciale fut systématisée dans les quartiers, au prix de multiples destructions et expulsions et de la construction de townships pour les populations de couleur. Le gouvernement s'efforça de créer des industries en bordure des bantoustans, mais nombre de travailleurs durent aller travailler dans les villes blanches tout en résidant dans les réserves, au prix de grands déplacements quotidiens. En fait, l'animosité contre les anglais était bien remplacée par la crainte du « péril noir » chez les afrikaners, crainte également partagée par une part importante de la minorité anglophone.

1951

En 1951 , sur 17 millions d'habitants, 4 millions était d'origine européenne soit 25% de la population. Il y a un blanc pour 4 noirs, métis et indiens. Par comparaison, à la même époque et alors que le Kenya est à l'apogée de la colonisation , il n'y a qu'un blanc pour 132 noirs.

En amenant la question raciale au cœur du débat politique, Malan réussit son O.P.A. sur les votes afrikaners mais aussi anglophones. Le NP va durant une trentaine d'année monopoliser le vote de la communauté afrikaner et amener la majorité de la communauté anglophone à se reconnaître en lui à travers ses options raciales.

La reprise de la doctrine de l'apartheid par les premiers ministres successifs, tous du NP, va créer un système constitutionnel et législatif unique au monde et approuvé par la majorité des blancs convaincu de n'avoir pas d'autres choix pour demeurer pacifiquement dans leur pays.

De son côté, l'organisation ANC qui luttait pour l'égalité ou même l'équalité des noirs avaient une forte teinture socialiste voir communiste ce qui la rendait un adversaire par exemple des États-Unis d'Amérique.

1953

En 1953 , le NP remporta les élections dans les circonstances similaires à celles de 1948 mais l'apport des 6 sièges crées pour les électeurs blancs du Sud-Ouest Africain leur assura une majorité plus confortable encore qu'en 1948.

1954
En 1954 , Malan cédait son fauteuil à Johannes Strijdom , élu plus encore conservateur du Transvaal. Il accentua la politique devant amener à la création de bantoustans noirs (territoires autonomes administrés par les populations autochtones) sur 13% du territoire sud-africain.
1959
En 1959 , à la mort soudaine de Strijdom, Hendrik Verwoerd lui succède à la tête du gouvernement. La politique sud-africaine est de plus en plus contestée au niveau international, notamment aux Nations Unis.
1960

En 1960 le massacre de Sharpeville où 69 protestataires pacifiques (contre les pass books) sont tués par la police ternit fortement l'image du pays qui fait interdire la plupart des mouvements de libération comme l'ANC ou le Pan African Congres.

Symboliquement, le pays est exclu du comité olympique après les jeux de 1960.

Dans un discours mémorable sur le « vent du changement » prononcé au parlement à Cape Town, le 1er ministre britannique Harold McMillan en profita pour critiquer l'immobilisme et le passéisme des dirigeants d'Afrique du Sud. Exaspérés les nationalistes proposèrent de soumettre un projet de référendum pour instituer la république. Bien qu'on ait crût un moment à une sécession des blancs anglophones du Natal, le principe de la république fut approuvé par 52% des votants en octobre 1960. La république indépendante d'Afrique du sud est fondée. À cette occasion les blancs se divisèrent entre républicains (afrikaners) et loyalistes (anglophones) mais la transition se fit dans le calme sans émigration excessive des anglophones. L'Afrique du sud quitte le commonwealth.

1961

La proclamation de la République Sud-Africaine (RSA) le 31 mai 1961 accompagné de la rupture des derniers liens avec la Grande Bretagne (retrait du commonwealth ) et la création effective du premier bantoustan noir, le Transkei marquent l'apogée de l'apartheid.

1962
Arrestation de Nelson Mandela. Les sanctions de l'ONU isole l'Afrique du sud sur le plan diplomatique
1964

En 1964 , c'est le procès de Rivonia où Nelson Mandela est condamné à perpétuité alors que trois millions et demi de noirs sont à cette date regroupés dans les bantoustans sans pouvoir civique autre que celui de travailler pendant la journée dans le reste du pays.

1966
Poursuite de l'apartheid avec l'instauration de Bantoustan (régions autonomes) dans lesquels sont parqués les noirs en fonction de leur origine ethnique.

En septembre 1966 , un illuminé assassina Verwoerd en plein cœur du parlement et mettait fin à la phase d'élaboration et d'application intensive et méthodique de l'apartheid.

Le successeur de Verwoerd, Balthazar John Vorster , allait reprendre la doctrine mais de façon plus pragmatique en ralentissant son application et en multipliant des exceptions à l'application des lois ségrégationnistes. Ainsi, l'ambassadeur noir du Malawi et le personnel de l'ambassade échappèrent aux lois raciales en étant qualifié de blancs d'honneurs. De même, les asiatiques originaires de Taiwan ou du Japon étaient catalogués parmi les blancs. En même temps, Vorster entreprenait une politique de rapprochement avec certains pays africains modérés ( Côte d'Ivoire ).

1967
Christiaan Barnard réussit la première transplantation cardiaque
1968
Indépendance du Swaziland
1969

En 1969 , pour la 1ère fois, le gouvernement acceptait la présence de joueurs maoris parmi l'équipe de rugby néo-zélandaise venue rencontrer les springboks sud-africains. Des rencontres entre équipes multiraciales étaient favorisées. Enfin, Vorster renonçait à faire modifier le drapeau sud-africain comme le prévoyait Verwoerd qui voulair faire supprimer la représentation de l' Union Jack de l'emblème national. Il avait été envisagé un nouveau drapeau aux bandes tricolores verticales oranges, blanches et bleues avec au centre un springbok bondissant surplombant des protéas.

Toutes ces exceptions provoquèrent un tollé chez les héritiers spirituels de Verwoerd. Albert Hertzog, fils de l'ancien 1er ministre et plus extrémiste que ne fut ce dernier, quitta le parti avec quelques compagnons et fonda le parti national reconstitué ( HNP ). Vite repris en main par Jaap Marais , cette nouvelle dissidence restera marginale (de 3 à 7% des voix blanches).

1970-71
Dans les années 70, la RSA est sévèrement critiquée par la communauté internationale. En 1971 , le tribunal de La Haye lui retire son mandat sur le Sud-Ouest Africain mais la RSA refuse de se soumettre à cette décision.
1973
Création de l'IFP (Inkatha Freedom Party) par Mangosuthu Buthelezi
1974
L'ONU demande à l'AFS de se retirer de la Namibie.

En 1974 , l'assemblée générale des Nations-Unis refuse les lettres de créances de l'ambassadeur de RSA sous prétexte de non-représentativité de son peuple !

1976

Emeutes de Soweto - 575 morts. En 1976, l'imposition par le ministre Andries Treurnicht , de l'enseignement obligatoire en afrikaans au lieu de l'anglais ou d'une langue locale pour les écoliers noirs provoquait un soulèvement de ces derniers dans les Townships. Une marche de protestation fut organisée dans le district noir de Soweto près de Johannesburg le 16 juin 1976 . Environ 20000 étudiants arrivèrent et malgré des appels au calme des organisateurs commencèrent à confronter les forces de l'ordre. Celle-ci fut submergée et des propriétés furent détuites. Les autorités réagirent en déclenchant des mesures de guerre avec le droit de tuer ceux qui étaient assimilés à des pillards. La répression des forces de sécurité sud-africaine et de la police de Jimmy Kruger fut très féroce. La plupart des autres pays, sauf la Grande Bretagne et les États-Unis qui craignaient trop le basculement du pays dans le camp de l' Union Soviétique , condamnèrent la repression et imposèrent une limitation du commerce ou même des sanctions. Les images et les témoignages sur le massacre de Soweto feront le tour du monde.

Fuite des capitaux étrangers
1977

Le 12 septembre, mort de Steve Biko à 30 ans, torturé à mort par la police afrikaaner après 16 jours de détention sans procès. Il fut un des héros les plus incontestés de la lutte anti-apartheid après avoir fondé le mouvement de Conscience Noire (BPC - Black People's Convention).

Le Parti Uni, principal parti d'opposition en complète décomposition et peu crédible face au NP se dissout en 1977. Suite à la décolonisation du Mozambique et de l' Angola et l'arrivée de gouvernements marxistes, la RSA se présenta en dernier rempart contre la main mise des communistes en Afrique australe permettant à Vorster d'obtenir le soutien plus ou moins tacite des gouvernements occidentaux. La RSA devenait dans le même temps une puissance nucléaire grâce à ses relations avec Israël et la France .

Un embargo sur les ventes d'armes à la RSA fut alors votée au conseil de sécurité des Nations-Unis alors que le pays est engagé militairement en Angola contre le gouvernement marxiste en place en soutenant directement ou indirectement le mouvement rebelle de l'UNITA et qu'il soutient le gouvernement blanc de Rhodésie . Cet échec diplomatique pour Vorster s'accompagna d'un scandale financier touchant l'un de ses proches, Connie Mulder , ministre de l'information. Vorster ne tarda pas à être éclaboussé par l'affaire et dû céder son fauteuil de 1er ministre, pour être nommé président de la république, fonction symbolique de laquelle il démissionna officiellement pour raisons de santé un an plus tard.

1978

En 1978 , le successeur de Vorster au poste de 1er ministre était le ministre de la défense, Pieter Botha . Son gouvernement formait un subtil équilibre entre conservateurs et libéraux, entre ceux des anciens gouvernements Vorster et des personnalités plus pragmatiques vis à vis de la doctrine de l'apartheid. Il confia le ministère de la défense au très conservateur Général Magnus Malan , présenté alors comme un dauphin potentiel et maintenait au ministère des affaires étrangères Roelof « Pik » Botha , élu plus libéral de Rustenburg. Botha maintenait l'ultra conservateur Andries Treurnicht alors qu'au ministère de l'énergie, il nommait un autre conservateur du Transvaal, élu de Vereeniging , un certain Frederik De Klerk .

Si Botha faisait figure à l'origine de partisan intransigeant du régime, ses fonctions à la tête de l'État vont l'amener à trancher en faveur du camp des « éclairés » du NP (pragmatiques) contre les « crispés » (conservateurs) réunis autour de sonministre et président de la fédération NP du Transvaal, Andries Treurnicht.

1980
Attentat de l'ANC contre une raffinerie dans l'Etat Libre. Emeutes au Cap > 30 à 60 morts
1981

Avec l'appui des pragmatiques du parti, Botha décida d'entreprendre une réforme des institutions qui romprait en fait avec l'idéologie verwoerdienne. En 1981 d'ailleurs, seulement 4 bantoustans avaient accédé à l'indépendance alors que 10 conservaient un statut d'autonomie, démontrant la lenteur et les difficultés rencontrés ppur construire l'apartheid.

En 1981, Botha poposa une réforme constitutionnelle pour présidentialiser le régime et surtout octroyer un droit de vote et une représentation séparée pour les métis et les indiens en instaurant un parlement tricaméral . Mais rien n'est prévu pour les noirs, pourtant majoritaires. Bien que cette réforme soit limitée et soit qualifiée de bancale par les libéraux, que le principe de la domination blanche ne soit pas remis en question, les conservateurs se crispèrent. Aux élections de 1981, le HNP obtenait 13% des voies révélant la méfiance des ruraux afrikaners vis à vis du gouvernement Botha.

A l'annonce des propositions sur les nouvelles institutions, les conservateurs du NP menés par Andries Treurnicht, tentèrent de censurer le gouvernement. Botha imposa cependant sa réforme à la majorité des parlementaires du NP provoquant une cassure idéologique entre Afrikaners du Transvaal et de l'Orange avec ceux du Cap et du Natal. Au Transvaal, Pieter Botha se reposa sur Frédérik De Klerk et Pik Botha pour évincer Treurnicht, le président du NP transvaalien en ralliant la majorité des élus du Transvaal.

1982

Andries Treurnicht ne tarda pas provoquer un nouveau schisme en quittant le parti national avec une dizaine de parlementaires NP pour fonder en 1982 le Parti Conservateur (Conservative Party - CP).

Dès sa création, le CP reçut le soutien de John Vorster, de la veuve de Verwoerd et de la plupart des groupuscules d'extrême droite. Le HNP refusait cependant d'intégrer le CP, restant fidèle à son héritage verwoerdien. Le programme du CP se distingua par l'acceptation en son sein des anglophones comme Clive Derby Lewis, et par la volonté de créer un État blanc séparé du reste de l'Afrique du Sud aux dimensions plus réduites que dans l'idéologie verwoerdienne. Il s'agissait de faire revivre l'idéal des républiques Boers.

1983
Nouvelle constitution mise en place par le président Botha au pouvoir depuis 1978; quelques droits sont accordés aux Indiens et Métis. A la même époque l'Afrique du Sud soutient les guérillas anti-communistes d'Angola et du Mozambique. Raid sud-africain à Maputo censé abriter des bases de l'ANC.
1984

Desmond Tutu prix nobel de la paix. PW Botha élu président d'Afrique du sud

En novembre 1984 , Botha faisait adopter sa réforme par référendum . Avec 76% de participation, les blancs approuvaient à 65% la nouvelle constitution instituant un système présidentiel tricaméral. Le poste de 1er ministre était supprimé et Botha prenait la fonction de président de la république (State President).

Il s'agissait moins pour les blancs d'accorder le droit de vote aux minorités de couleurs que de maintenir l'exclusion des noirs de toute représentation parlementaire.

Les élections générales qui s'ensuivirent marquèrent un glissement de l'électorat afrikaner vers le CP lequel enregistrait de très bons scores dans les régions rurales du Transvaal et de l'Orange ainsi qu'à Pretoria, le fief afrikaner, lui permettant de doubler sa représentation parlementaire.

Les émeutes raciales se multiplièrent dans le pays alors que la situation internationale de la RSA se détériorait. Le pays était soumis à un embargo économique et financier de plus en plus contraignant sous la pression de divers lobbies internationaux anti-apartheid qui exigeaient la fin de la discrimination et des élections multiraciales. Les alliés naturels de la RSA comme les USA se désolidarisaient sous la pression de l'opinion publique et des mouvements noirs américains. En RSA même, les présidents des puissants conglomérats miniers, craignant pour leurs intérêts financiers, demandèrent au gouvernement d'adopter une politique plus libérale et d'engager des pourparlers avec les organisations noires mais Botha tergiverse.

1985-86
Emeutes anti-apartheid et affrontements dans les ghettos noirs. Etat d'urgence et sanctions économiques de la part des pays occidentaux. L'opposition anti-apartheid se développe dans tout le pays, y compris chez une minorité de Blancs. Grève de 275000 mineurs. Annonce du démantelement juridique de l'apartheid.

En 1986 , en même temps qu'il accentuait la répression contre les manifestations noires et qu'ils proclamait l'état d'urgence, Botha abolissait certaines lois emblématiques de l'apartheid comme le «passeport intérieur». Il mit fin également à l'interdiction des mariages mixtes entre personnes de couleur différente et reconnaissait la pérennité de la présence des noirs dans les frontières de la RSA blanche.

1988

Amnistie pour les prisonniers politiques renonçant à la violence. Participation des noirs aux élections municipales. Botha gracie les "6 des Sharpeville".

L'abolition des mesures vexatoires du « petty apartheid » comme les bancs ou les bus réservés aux blancs provoqua de vives réactions dans les milieux conservateurs. Aux municipales de 1988 , le CP s'empara de 60 des 110 municipalités du Transvaal et d'une municipalité sur 4 dans l'État Libre d'Orange. Le NP conserva de justesse Pretoria. Botha se retrouvait alors gêné sur sa droite et devait ralentir sur les réformes. Il voulait éviter une fracture irrémédiable entre afrikaners.

Alors qu'elle est engagée dans la lutte contre les forces cubaines depuis l'indépendance de l' Angola en 1975, un retrait réciproque est négocié sous l'égide des Nations-Unis au cours de l'année 88. Les forces cubaines acceptent de se retirer d'Angola. En contre-partie le gouvernement Sud-Africain accepte de retirer son soutien militaire et financier au mouvement rebelle UNITA et d'engager le processus politique devant aboutir rapidement à l'indépendance de la Namibie (21 mars 1990) qu'elle considérait jusque là comme sa 5ème province.

1989

Démission de Botha. Le président De Klerk, partisan d'une certaine ouverture, au pouvoir. Marche pour la paix au Cap.

En janvier 1989 , victime d'une congestion cérébrale, Pieter Botha se retirait pendant un mois. À son retour, il renonçait à la présidence du Parti National (NP) mais déclarait vouloir se maintenir jusqu'aux élections générales de 1990.

A la tête du NP lui succède le président du parti dans le Transvaal, Frederik De Klerk, soutenu par l'aile droite du parti.

Bien que catalogué comme conservateur, De Klerk voulait changer l'image du parti et du pays. Proche des milieux économiques, il savait que les sanctions internationales étaient de moins en moins supportables pour le pays. Il avait pris conscience que le poids démographique des noirs était trop important et que les blancs étaient devenus trop minoritaires (18%) pour pouvoir le diriger efficacement. Il avait compris enfin que l'apartheid avait atteint ses limites et avait échoué à empêcher les noirs de devenir partout majoritaires en RSA blanche à l'exception du Cap-Occidental où les métis demeuraient les plus nombreux et à Pretoria où les afrikaners dominaient encore significativement.

Durant l'été 1989, Botha fut contraint de démissionner par les membres de son cabinet qui voulaient placer De Klerk le plus rapidement possible à la présidence pour sortir d'une situation bloquée et impulser un nouveau souffle au pays.

Dès sa nomination à la présidence de la république, De Klerk s'entoura d'une équipe favorable à des réformes fondamentales. S'il maintenait quelques piliers de l'apartheid comme Magnus Malan à la défense et Adriaan Vlok à la sécurité intérieure, c'était pour donner des gages à l'électorat conservateur. Il maintenait de même l'inamovible Pik Botha aux affaires étrangères pour rassurer les libéraux. La nouveauté fut la montée en puissance au sein du gouvernement et du parti de nationalistes pragmatiques comme Leon Wessels, Danie de Villiers, Kobie Coetsee ou Barend du Plessis.

De Klerk convoqua des élections générales anticipées en septembre 1989. Celles-ci furent mauvaises pour le NP avec la perte d'une trentaine de sièges au profit du Parti Conservateur - CP (39 sièges pour 33% des voies) et du nouveau Parti Démocratique (Democratic Party - DP), issu d'une fusion entre les partis libéraux héritiers du Parti Uni (avec 33 sièges et 21% des voies). Le NP gardait néanmoins une petite majorité mais il n'était plus le 1er parti des électeurs afrikaners qui lui avaient préféré le CP pour 45% d'entre eux (et seulement 7,5% des voies anglophones).

Dès l'automne 89, De Klerk faisait supprimer les dernières lois de l'apartheid mesquin malgré l'opposition des mairies CP.

1990

Fin de l'engagement sud-africain en Namibie. Fin de l'interdiction de l'ANC, du PAC (Pan Africanist Congress), et du SACP (parti communiste). Libération de Nelson Mandela et fin de la lutte armée de l'ANC.

En janvier 1990 , De Klerk provoquait la fureur des ultras et la stupeur du monde entier en autorisant les partis noirs interdits comme l'ANC ou le parti communiste et annonçait la libération prochaine des prisonniers politiques dont Nelson Mandela, figure emblématique de la lutte anti apartheid.

La riposte de l'ultra droite ne se fit pas attendre; des défilés de milices et autres organisations paramilitaires eurent lieu dans la plupart des villes afrikaners. Eugène Terreblanche , le chef du groupement paramilitaire « Mouvement de Résistance Afrikaner » (AWB), organisation reconnaissable à son sigle formant une svastika à 3 branches, devint aux yeux de l'opinion mondiale le symbole de l'oppression raciste sud-africaine et de la résistance au changement. Cette image très négative servit cependant les partisans des réformes.

La libération de Nelson Mandela en février 1990 et les pourparlers entre le gouvernement et les ex-partis interdits déchaînèrent les passions au sein de la communauté blanche. Contre ceux qui criaient à la trahison et au suicide politique d'un peuple, les partisans des réformes affirmaient leur croyance en une transition pacifique des pouvoirs à la majorité noire, transfert jugé inéluctable et seul moyen pour permettre l'obtention de garantie pour les minorités.

En mars 1990, et après des négociations sous l'égide des Nations Unis, la RSA abandonna sa tutelle sur la Namibie.

1991

Abolition de l'apartheid et levée des sanctions internationales sur le pays.

En juin 1991 , De Klerk fit abolir par le parlement les dernières lois d'apartheid encore en vigueur concernant l'habitat et la classification raciale. L'état d'urgence fut levé à l'exception du Natal où des violences meurtrières entre ANC et partis noirs conservateurs ensanglantaient la région.

1992

La Constitution autorise les Noirs à entrer au gouvernement. Affrontements entre l'ANC de Mandela et l'Inkhata (parti Zoulou). Dans les années 1990-96, des milliers de personnes ont été tuées lors d'affrontements réguliers entre les Comrades (milice du Congrès national africain - ANC) et les Vigilantes (milice du Parti de la liberté Inkhata-IFP, à dominante zouloue), deux adversaires politiques historiques au KwaZulu.

Le 17 mars 1992 , les blancs votaient au référendum sur le bien fondé des réformes pour l'abolition de l'apartheid. Le taux de participation dépassa les 80 %. Et ce fut à 68,7% que le oui aux réformes l'emporta. Le CP n'avait pu mobiliser au-delà de son électorat et subissait alors une cruciale défaite. Le référendum avait obligés les Blancs à décider concrètement de leur avenir et à faire un choix clair et définitif sur la politique de réformes constitutionnelles du gouvernement. La défaite des partisans de l'apartheid fut sans appel. La plupart des régions fiefs du CP votèrent oui aux réformes. Seule la région de Pietersburg dans le Northern Transvaal manifesta à 58% son hostilité aux réformes. Dans les régions anglophones, c'est un raz de marée en faveur du oui (78% à Johannesburg, au Cap, à Port Elizabeth), les records en sa faveur ayant lieu au Natal (78% à Pietermaritzburg ; 84% à Durban ).

C'est la consécration pour De Klerk qui déclara qu'en ce jour les sud-africains avaient décidé par eux-même de refermer définitivement le livre de l'apartheid. Sans condamner le régime passé, il rappela que le système né pour de bonnes intentions avait dérapé sur la réalité des faits. Il s'avérait bien que les blancs ne renonçaient pas au système parce qu'il était moralement condamnable mais parce qu'avec pragmatisme, la communauté afrikaner prenait acte du fait que l'apartheid était un échec n'ayant pu lui assurer ni la sécurité économique ni la sécurité physique. Une issue négociée était alors d'autant plus vitale, pour la «tribu blanche».

En 1992, l'Afrique du Sud, exclue depuis 1964, fut réintégrée aux jeux olympiques de Barcelone auxquels elle participa sous un drapeau olympique, l'ANC refusant que des sportifs noirs soient représentés sous les couleurs de l'apartheid. Pour la 1ère fois depuis longtemps, une équipe de rugby étrangère vint en RSA durant l'été 1992 sans opposition mais sous conditions imposées par l'ANC concernant le comortment des officiels sud-africains. Mais lors du 1er test-match contre la Nouvelle-Zélande à l'Ellis Park de Johannesburg, en faisant jouer l'hymne national « Die Stem » repris en cœur par un public agitant abondamment les couleurs bleues, blanches et oranges, l'ANC menaça d'en appeler à nouveau aux sanctions internationales.

1993

De Klerk et Mandela prix Nobel de la paix. Assassinat de Chris Hani.

En mars 1993 , alors que les négociations continuaient, un des leaders les plus populaires du parti communiste, Chris Hani , fut assassiné. L'enquête retrouva rapidement les instigateurs de l'attentat parmi les milieux d'extrême droite. Le commanditaire de l'assassinat était Clive Derby Lewis, un des chefs anglophones du CP. L'arrestation de ce dernier fut le symbole de la fin de l'impunité pour les tenants de la ségrégation . En avril 1993, un nouveau coup dur frappa le CP : Andries Treurnicht mourait à la suite de problèmes cardio-vasculaire. Un nouveau chef, Ferdinand Hartzenberg , lui succéda mais il ne put enrayer le déclin du parti.

Du côté des nationalistes, des scandales éclaboussèrent le gouvernement De Klerk. Magnus Malan abandonna son poste de ministre de la défense pour celui des eaux et forêts à la suite de mises en cause dans la fourniture d'armes au parti zoulou Inkhata pour contrer les militants de l'ANC. Le ministre de la loi et de l'ordre, Adriaan Vlok, fut lui aussi impliqué dans le scandale et également céda son poste pour un autre moins sensible. La mise à l'écart de ces 2 piliers conservateurs du gouvernement compromis dans les exactions des forces de sécurité obligea De Klerk à accélérer les négociations en vue de l'élection d'une assemblée constituante en 1994.

Le 18 novembre 1993 , l'ANC et le NP approuvèrent une nouvelle constitution démocratique, des élections pour tous les adultes en avril 1994 et le statut de langue officielle pour neuf langues locales soit un total de onze.

1994
Premières élections multi-raciales gagnées par l'ANC. Mandela président et De Klerk vice-président.

Vingt-sept partis se présentaient à ces élections, mais dix-neuf seulement au niveau national. Les six plus importants étaient l'ANC (Congrès National Africain) dirigé par Mandela, le PN (Parti National, au pouvoir depuis 1948, dirigé par De Klerk), l'Inkatha (organisation vassale du pouvoir blanc, constituée sur des bases tribales) dirigée par Buthelezi, le Parti Démocratique (DP, parti bourgeois), le Front de la liberté (FF, scission du regroupement néo-nazi) conduit par le général Viljoen, et le PAC (Pan Africanist Congress), organisation nationaliste qui se veut "radicale", s'est engagée en Avril 1993 seulement dans le processus électoral. Le NP, l'Inkatha, le DP, le FF défendent, bien sûr l'Etat blanc colonial et la propriété capitaliste.

En avril 1994 , après une campagne électorale sous tension où les attentats de gauche et de droite se sont succédé, la RSA allait procéder à ses 1ères élections multiraciales.

Deux jours avant le vote, un attentat attribué à l'extrême droite eu lieu à Johannesburg devant le quartier général de l'ANC. Des attentats meurtriers suivirent à Germiston et à l'aéroport Jan Smuts de Johannesburg. Considérés comme un baroud d'honneur de l'extrême droite, ils ne remirent pas en cause les élections.

Le 27 avril 1994 , à minuit, l'hymne afrikaner « Die Stem » fut joué dans tout le pays. Partout, le drapeau sud-africain qui flottait sur le pays depuis 1928 fut déployé puis amené.

A minuit une, un autre drapeau (arc-en-ciel) aux couleurs noir, jaune, vert, rouge, blanc, bleu, fut levé alors que retentissait le nouvel hymne officiel symbole des africains « Nkosi sikhelele'i Afrika » (Dieu sauve l'Afrique) suivi immédiatement de « Die Stem ». L'Afrique du Sud avait du choisir un nouveau drapeau pour symboliser le changement de régime et un nouvel hymne national , en l'occurrence 2 hymnes pour la période de transition, les blancs acceptant l'hymne des noirs et ces derniers acceptant de conserver celui des blancs pour manifester la réconciliation.

A partir du 27 avril 1994 et pendant 3 jours, les sud-africains allaient voter. Seuls 5 partis étaient assurés d'une audience nationale sur la vingtaine qui se présentait: L'ANC, le NP, l' Inkhata Freedom Party (IFP), le DP (le parti des libéraux anglophones) et le FF le parti de Viljoen. Le CP et le HNP ont refusé de participer.

Les résultats officiels furent publiés début mai. Les sud-africains avaient voté pour élire leurs représentants au parlement et dans les conseils provinciaux. À cette fin, 9 nouvelles provinces avaient été constitué à la place des 4 anciennes, réintégrant tous les bantoustans indépendants ou autonomes: - L'ANC remporta 63 % des voix soit un peu moins des 2/3 nécessaires pour élaborer et voter seul la future constitution. Le parti de Nelson Mandela remporta 7 des 9 nouvelles provinces. - Le NP arriva en second avec 23 % des voix, essentiellement celles des blancs, des métis et des indiens. Grâce aux métis d'ailleurs, le NP remporta la province du Cap-Occidental avec 59 % des voix et échoua de justesse dans la province du Cap-du-Nord avec 40 % des voix (contre juste 50 % à l'ANC). - L'IFP obtint 10 % des voix et une représentation provinciale presque uniquement au KwaZulu-Natal avec 50 % des voix obtenus malgré la fraude électorale qu'elle avait organisée. - Le Freedom Front avec 2,8 % vint ensuite mais n'atteignit pas la barre des 5 % qu'il s'était fixé. En fait, il n'avait obtenu qu'un peu moins de la moitié des voix traditionnels du CP (soit 450 000 au lieu de 1 million). Cet électorat soit avait préféré voter « utile » et donc pour le NP soit s'était réfugié dans l'abstention comme l'encourageait le CP. - Le DP arriva en 4ème position avec 1,8 % des voix essentiellement au Cap et à Johannesburg. L'extrême gauche fut laminée. Quant aux provinces du nord de l'Orange, elles se retrouvèrent toutes avec un gouvernement ANC : - La nouvelle province du Northern Transvaal vota à 84% pour l'ANC (38 sièges au conseil provincial), le reste se partageant chez les blancs entre le NP (1 siège) et le FF (1 siège). - La nouvelle province de Pretoria-Witwatersrand-Vereeniging au cœur de l'ancien Transvaal (région de Johannesburg) vota à 57 % pour l'ANC, à 25 % pour le NP; le FF, le DP puis l'IFP obtenant ensuite de bons scores suffisant pour obtenir des sièges. - La nouvelle province du Nord-Ouest (Transvaal de l'ouest, Bophuthatswana et une partie du Cap nord-est) vota pour l'ANC (83 %) puis pour le NP (9 %) et le FF. - La nouvelle province du Eastern Transvaal vota à plus de 80 % pour l'ANC suivi du NP (9 %). Bons scores du FF (5 %). - L'État Libre d'Orange envoya 77% de représentants de l'ANC au conseil provincial. Le NP et le FF se maintinrent dans la plus afrikaner des provinces. - La nouvelle province du Northern Cape passa de justesse sous la domination de l'ANC (50 %) contre 40 % au NP, 6% au FF, et 1,8 % au DP. Toutes ces provinces plus celles du Cap occidental (seule province remportée par le NP avec 59 % des voix), du Cap oriental et du nouveau Kwazulu-Natal auront désormais à leur tête un premier ministre administrant les affaires provinciales.

Un gouvernement d'union nationale fut alors formé début mai, réunissant les représentants des partis ayant obtenu plus de 5% des voix, c'est à dire l'ANC, le NP et l'IFP.

Le 10 mai , Mandela fut élu Président de la République par le parlement. Son intronisation eu lieu à Pretoria en présence de représentants du monde entier dont le vice-président américain, Al Gore , ou Fidel Castro .

Le premier président noir nomma Thabo Mbeki comme 1er vice-président et Frederik De Klerk comme second vice-président. L'un représentait l'ANC, l'autre la minorité blanche qui dominait encore le monde des affaires. Le 1er gouvernement multiracial à majorité ANC comprenait plusieurs ministres NP dont l'inamovible Pik Botha qui passait des affaires étrangères au ministère des ressources et de l'énergie et quelques ministres de l'IFP dont Buthelezi, le chef de l'Inkhata nommé aux affaires intérieurs.

1995

Victoire des Springboks lors de la coupe du monde de rugby organisée en Afrique du sud. Visite de Jean Paul II. En janvier, mort de Joe Slovo à 69 ans, leader du SACP et également un des leader du Umkhonto we Sizwe (MK) en 1961.

Une commission dite « vérité et réconciliation » présidée par l'Archevêque du Cap, Desmond Tutu , fut chargée d'enquêter dans le pays pour faire la lumière sur les crimes passés au nom de l'apartheid que ce soit par le gouvernement ou les mouvements de libération. Tous sont invités à venir raconter leur vérité et demander le pardon. Pendant 5 ans elle entendra des milliers de témoignages et en fera une synthèse dans laquelle elle fera des propositions. Aucun ancien dirigeant, hormis quelques ministres subalternes ne demandera le pardon pour les crimes commis. Parallèlement, les grands procès contre certains ministres comme Magnus Malan ou contre des représentants des forces de sécurité comme Wouter Basson, « le docteur la mort » se solderont par des acquittements prononcés par des juges formés sous l'ancien régime.

1996

Spéculations contre le Rand. Adoption d'un programme économique libéral. Foot : les Bafana bafana remporte la Coupe d'Afrique des Nations. Première audience de la commission "vérité et réconciliation".

En 1996, la future constitution définitive fut adoptée malgré les réserves des partis minoritaires, mécontents notamment du fait que certaines préoccupations des minorités n'aient pas été pris en compte. En mai 1996, la coalition gouv